N° ACR0000697 - Cinémathèque française (ancien American Center)

 
Adresse : 43-51 rue de Bercy
  1-9 rue Jean-Renoir ; 50-56 rue Paul-Belmondo ; 1-7 rue Léonard-Bernstein
  75012 Paris 12e Arrondissement
Coordonnées GPS : 48.837399, 2.382457
Coordonnées GPS : 48.837399, 2.382457
Dates Construction : 1988 ; 1994
Date de classement : 2018
Auteur : Frank O.Gehry&Associates Inc. (architecte mandataire) ; Saubot et Jullien Associés (agence) ; Cieren Philippe (architecte) ; Rouit Jean (architecte) ; Atelier de l'île (agence) ; Brard Dominique (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

L’ancien American Center est le premier édifice conçu par Frank O. Gehry en France. Le projet introduit un objet architectural nouveau dans l’écriture architecturale parisienne. Gehry, suivant son habitude, inscrit les fonctions dans un ensemble asymétrique, hétérogène et dynamique. Cette signature, aujourd’hui plébiscitée internationalement et qui a donné lieu à de multiples déclinaisons, est un atout pour la réputation des programmes qu’elle illustre. Pour cet édifice parisien, conditionné par les règles d’urbanisme de la ZAC de Bercy, le geste architectural se fait toutefois plus discret que pour d’autres bâtiments signés par cet architecte. Le parti de déconstruction des formes est toutefois très prégnant à l’intérieur du hall et depuis la terrasse centrale. L’urbanisation du quartier de Bercy constitue l’un des deux grands projets conçus pour revitaliser la portion sud-est des bords de Seine à Paris, entre le pont d’Austerlitz et le boulevard périphérique, selon une vision directrice alors nouvelle, tirant les leçons des critiques de l’aménagement sur dalle et, dans une certaine mesure, de certains échecs du postmodernisme. Ancienne enclave industrielle, le nouveau parc de Bercy se veut un poumon vert entre le fleuve et le faisceau des lignes ferroviaires de la gare de Lyon. L’édifice constitue l’un des éléments moteurs de cette ZAC, jouxtée par des programmes de premier plan (Palais omnisports de Paris-Bercy, ministère de l’Economie et des Finances), et desservie par la nouvelle ligne 14 du métropolitain qui raccorde l’ensemble à la ZAC de Paris-Rive-Gauche et au coeur de la capitale. En contribuant à cette nouvelle dynamique urbaine, le programme est alors le bienvenu puisqu’il diversifie l’offre culturelle à venir, tout en donnant une vitrine plus moderne à une institution connue surtout d’un public fidèle. Le projet, en donnant directement sur le parc, a un rôle monumental à jouer dans l’environnement urbain. Frank O. Gehry en a alors pleinement conscience. La reconversion intelligente qui a été menée sur cet édifice par Dominique Brard pour l’Atelier de l’Île donné naissance à une intéressante stratification historique sur un édifice pourtant récent.

Description Historique :

Le centre culturel American Center, (ou Centre américain de Paris) est une association fondée dans les années 1920. Elle s’installa en 1934 au 261 boulevard Raspail, dans un bâtiment construit par l’architecte William Welles Bosworth. Dans les années 1960 en particulier, il s’agissait d’un lieu privilégié de la vie artistique. Des concerts de blues ou de jazz, ainsi que des expositions et des conférences y étaient organisés. Dans les années 1990, le bail emphytéotique de 60 ans qui avait été signé arrivant à échéance, et un projet d’hôtel se dessinant sur cet emplacement (la Fondation Cartier y sera finalement construite en 1994), l’association culturelle se mit en quête d’un autre lieu pour écrire une page nouvelle de son histoire. La ZAC de Bercy est alors un lieu prometteur, symbole de renouvellement de la pensée urbaine, avec des gabarits bâtis à échelle humaine et une part très importante d’espaces verts au contact de la Seine. L’American Center y voit l’occasion de s’implanter dans un quartier amené à devenir un lieu de vie (logements, loisirs, bureaux). Le maître d’œuvre du nouvel édifice culturel est choisi le 25 avril 1988 à l’issue d’une consultation. Parmi les participants se trouvent Richard Meier, Robert Venturi, E.L. Barnes, César Pelli, Michael Graves, SITE, James Polshek, Charles Gwathmey, H Hardy et Frank O. Gehry. Ce dernier remporte la consultation. Il produit jusqu’en décembre 1988 de nombreux dessins, esquisses et maquettes avant de proposer un projet définitif. Gehry devait être associé à un architecte français pour le suivi des travaux et les questions administratives. Sur les quatre propositions qui lui sont faites, Gehry choisit de travailler avec Saubot & Jullien, qui sont alors forts de leur expérience similaire sur le chantier de l’opéra Bastille pour Carlos Ott. Le permis de construire est accordé en avril 1990. Le chantier débute presque un an plus tard, en mars 1991. Le coût total de l’opération s’élève à 41 millions de dollars. Pour le temps des travaux (1991-1993), l’équipe de l’American Center s’installe rue de Bercy dans un bâtiment temporaire conçu par l’architecte anglo-iranien Nasrine Seraji. Le nouvel American Center est inauguré le 7 juin 1994. La baisse des subventions privées américaines et des problèmes de gestion du nouveau site entraînent la fermeture de l’American Center, seulement dix-huit mois après son inauguration. Le lieu a perdu également une partie de ses fidèles : le choix de nouvelle localisation s’avère défavorable, Bercy peine à attirer en raison de son caractère de chantier perpétuel depuis la fin des années 1980. Inoccupé, l’édifice est alors racheté par l’Etat français en 1999 pour 21 millions de dollars, afin d’y réunir, dans une Maison du Cinéma, deux associations culturelles qui doivent fusionner : la Cinémathèque française (dont le nom restera celui de la nouvelle entité) et la Bibliothèque du Film (BiFi), créé en 1992. Ces institutions doivent cohabiter également avec le services des archives du Film et du Dépôt légal dépendant du Centre national du Cinéma et de l’Image animée (CNC). Le changement d’usage entraîne une restructuration complète et colossale (33,9 millions d’euros), menée par Dominique Brard pour son agence l’Atelier de l’Île. Soucieux de respecter l’édifice de Frank Gehry mais tenu par un cahier des charges qui imposait d’insérer dans le bâtiment de nombreux équipements pour lesquels il n’avait pas été conçu, Dominique Brard réussit le tour de force de tirer parti d’espaces techniques ou de vides dans les structures pour augmenter la surface disponible dans le bâtiment. Il est contraint de transformer totalement le théâtre réalisé par Gehry, et réalise également un agrandissement considérable de la salle de cinéma (de 100 à 413 places), qui doit devenir évidemment un élément essentiel du nouveau programme. Un étage supplémentaire est inséré dans l’édifice pour abriter les collections muséales permanentes. L’édifice est inauguré pour la seconde fois, le 26 septembre 2005.

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