N° ACR0001693 - Cité d'artistes

 
Adresse : 230 rue Saint-Charles
  71 rue Leblanc
  75015 Paris 15e Arrondissement
Coordonnées GPS : 48.837399, 2.277252
Coordonnées GPS : 48.837399, 2.277252
Dates Construction : 1989-1992
References Cadastrales : FQ 33
Date de classement : 2022
Auteur : Kagan Michel (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

Adaptation du programme par l’implantation dans un contexte complexe prenant en compte l’irrégularité de la parcelle, la présence d’édifices préexistants, le reste de la ZAC et le parc qui se déploie au nord – Achèvement de la perspective du parc par un front bâti qui forme une transition avec l’espace urbain – Complexité de mise en œuvre d’éléments simples agencés de manière sophistiquée ; diversité des volumes et des façades abritant des espaces fonctionnels et lumineux, trouvant un équilibre entre l’adaptation à l’existant côté rue et la monumentalité de l’espace du parc côté nord, ainsi qu’entre l’intégration dans un paysage urbain à grande échelle et l’adaptation à un usage privé domestique et professionnel – Notoriété de l’ensemble publié dans plusieurs revues françaises et internationales.

Description Historique :

Cette cité d’artistes résulte d’une commande de la Régie immobilière de la Ville de Paris (maîtrise d’ouvrage déléguée à la SEMEA XV) passée en 1989, après que Michel Kagan a perdu un concours l’année précédente pour la construction de logements en bordure du parc André-Citroën. Celui-ci est alors en conception au sein de la ZAC Citroën-Cévennes construite sur le site de l’ancienne usine Citroën, dont 14 ha (sur 42) lui sont dévolus. Le parc, réalisé à partir de 1988 par Jean-Paul Viguier, Jean-François Jodry, Gilles Clément, Allain Provost et Patrick Berger, est terminé en 1992, la même année que la cité d’artistes, et est labellisé Architecture contemporaine remarquable en 2019 dans le cadre de la campagne portant sur la métropole du Grand Paris ; il s’agit du plus grand espace vert créé à Paris depuis le Second Empire. La cité d’artiste possède quant à elle une surface de 9 200 m² et contient trente-huit ateliers d’artistes avec logement et douze logements sociaux sans atelier. Aux côtés du commanditaire, elle est en partie financée par la direction de la Culture de la Ville de Paris et le ministère de la Culture. Cette commande est l’occasion pour l’architecte de renouveler le programme traditionnel parisien qu’est l’atelier d’artiste, vivant lui-même dans un atelier qu’il réhabilite avec Nathalie Régnier-Kagan rue Junot entre 1996 et 1999. La parcelle investie est à l’extrémité sud du parc ; bien que son emplacement soit privilégié, sa forme est irrégulière et présente un côté courbe, et elle enserre deux bâtiments post-haussmanniens disposés à l’angle des rues Saint-Charles et Leblanc, autant de contraintes avec lesquelles l’architecte doit composer. Comme à la cité technique et administrative construite pour la commune au même moment dans le 13e arrondissement, Michel Kagan réfléchit à la question de l’ilot urbain et à son ouverture sur la ville, dans un contexte ici très différent, entre le parc d’un côté et le reste de la ZAC de l’autre. Ces deux réalisations très abouties sont parmi ses premières œuvres, après plusieurs années passées à enseigner au cours des années 1980. La cité a été très bien préservée et a fait l’objet d’une réhabilitation menée entre 2013 et 2017 par Nathalie Régnier-Kagan (Kagan Architectures) afin de faire correspondre l’édifice au Plan climat de la Ville de Paris : les menuiseries extérieures et les briques de verre remplacées pour éviter une isolation thermique par l’extérieur (les nouvelles briques de verre contiennent du gaz argon et mesurent 8 centimètres d’épaisseur au lieu de 6), l’étanchéité des sols et des toitures a été révisée, des ouvrants ont été ajoutés pour améliorer l’usage, des faux-plafonds ont été par endroits mis en place, dans certains logements des briques de verre ont été remplacées par un vitrage classique, les carrelages ont été changés et du carrelage a été ajouté dans les coursives sur des parties à l’origine en béton, de la pierre blanche du Portugal de 3 cm a été agrafée sur la façade côté parc au droit de la coursive. Par la même occasion, l’édifice a plus généralement fait l’objet d’un entretien complet, les ferraillages trop proches de la surface ont été passivés et réenduits, des couvertines et des bavettes ont été posées, les façades ont été ravalées, les toitures ont été végétalisées et la cour a fait l’objet d’un aménagement paysager aux formes courbes avec de l’evergreen remplaçant le stabilisé rose, et comprenant un emplacement pour les vélos. Enfin il est à noter que le portique côté jardin, à l’origine en métal, est aujourd’hui en béton.

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