N° ACR0001692 - Cité technique et administrative de la Ville de Paris et résidence pour étudiants et jeunes actifs

 
Adresse : 2-4 et 10-12 rue Bruneseau
  quai d'Ivry
  75013 Paris 13e Arrondissement
Coordonnées GPS : 48.825066, 2.387334
Coordonnées GPS : 48.825066, 2.387334
Dates Construction : 1987 - 2010
References Cadastrales : BZ 25 ; BZ 26
Date de classement : 2022
Auteur : Kagan Michel (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

Traduction fine d’un programme complexe sur un terrain en frange à la limite de Paris – Adaptation à l’environnement et position de marqueur dans le paysage à l’entrée de la ville, en écho à d’autres réalisations importantes (hôtel Berlier, caserne Masséna) – Qualité de la conception (individualisation des bâtiments savamment reliés entre eux et desservis par une cour, composition des façades, complexité de certains choix structurels) et soin de la mise en œuvre jusque dans les détails – Intégration harmonieuse de la barre de logements en continuité d’un programme plus ancien – Esthétique qui renouvelle l’héritage du Mouvement moderne dont Michel Kagan se veut un continuateur – Reconnaissance internationale (1er prix international d’architecture à la biennale de Buenos Aires en 1991, Clé d’or Île-de-France en 2011) et nombreuses publications spécialisée.

Description Historique :

La direction de la Voirie et la direction des Parcs et jardins de la Ville de Paris commandent à Michel Kagan sa première œuvre : une cité technique et administrative afin d’accueillir des bureaux, des ateliers de fabrication, des garages et un parc de stationnement sur 8 800 m² (maîtrise d’ouvrage déléguée à la Régie immobilière de la Ville de Paris). Les études sont réalisées en 1987 et 1988, le chantier entre 1989 et 1991. La parcelle investie se situe entre des voies de circulation importantes (boulevard périphérique, quai d’Ivry, rue Bruneseau), à la limite de Paris, face à la commune d’Ivry. Après plusieurs changements dans sa définition, c’est un programme hétéroclite que doit accueillir ce terrain difficile, non loin de l’hôtel industriel Berlier de Dominique Perrault (1986-1990) situé de l’autre côté du boulevard périphérique et avec lequel s’instaure un dialogue. L’ensemble constitue une opération couteuse voulue comme prestigieuse à l’entrée de la ville, formant un marqueur visible malgré sa position en marge, d’où la volonté qu’un des bâtiments soit plus élevé que les autres. L’architecte a également voulu constituer un ilot moderne, ouvert sur son environnement et lui présentant quatre faces très différentes, tout en présentant une forme d’autonomie, ce que traduit le terme de cité. Cette réalisation est lauréate du premier prix international d’architecture à la biennale de Buenos Aires en 1991. Dès l’origine un bâtiment complémentaire est prévu du côté de la rue Bruneseau, constituant une barre construite seulement plus tard. Le bâtiment sud de la cité donnant sur la rue est pensé pour pouvoir faire l’objet d’une extension (plancher du dernier niveau en structure métallique démontable, structure du bâtiment qui peut porter 5 500 m² de plancher supplémentaire). La barre est projetée en tant qu’hôtel industriel ou ateliers d’artistes, et abrite finalement une résidence de 100 logements pour étudiants et jeunes travailleurs, commandée en 2005 par la Régie immobilière de la Ville de Paris. Après le décès de l’architecte en 2009, la fin du chantier est supervisé par Nathalie Régnier-Kagan (son associée depuis 1992) jusqu’à la livraison en 2010. Cette deuxième réalisation, qui reçoit la Clef d’or d’Île-de-France en 2011, achève le projet d’origine tout autant qu’elle clôt d’une certaine manière la carrière de Michel Kagan. L’ensemble est bien préservé bien que nécessitant de l’entretien, et étant encrassé par l’effet de la forte pollution automobile. Il fait l’objet d’un projet de réhabilitation, de changement d’usage et de densification de la parcelle dans le cadre de l’aménagement de la ZAC Paris Rive gauche, au sein du secteur Bruneseau-Nord. A l’horizon 2024, il est projeté de construire une tour de logements en bois haute de 100 mètres qui créerait une rupture par rapport au site, tant en terme d’échelle que de matériaux et d’esthétique, positionnée au nord-est de la parcelle BZ 26 (Adjaye Associates, l’idée initiale d’une tour placée sur un édifice existant ayant été écartée) ; un bâtiment plus petit serait également construit dans l’angle sud-ouest de la parcelle BZ 25. La cité technique et administrative deviendrait une cité artisanale coopérative, la façade côté périphérique serait reprise, la cour rendue traversante. Dans ce cadre, l’agence Kagan Architectures a réalisé une étude de faisabilité pour la densification de la parcelle en 2015 afin d’éviter une démolition partielle, ainsi qu’un diagnostic architectural en 2020. Les deux parcelles en question se situent dans le périmètre de protection de deux monuments historiques (le bastion n°1 des anciennes fortifications de Thiers et l’ancienne usine de la Société urbaine d’air comprimé).

Localiser :