N° ACR0000716 - Cité des sciences et de l’industrie, parc de la Villette

 
Adresse : 211 avenue Jean-Jaurès
  75019 Paris 19e arrondissement
Coordonnées GPS : 48.895786, 2.387996
Coordonnées GPS : 48.895786, 2.387996
Dates Construction : 1986 ; 1987
Date de classement : 2016
Auteur : Fainsilber Adrien (architecte) ; Chamayou Gérard (architecte) ; Tschumi Bernard (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

L’intérêt architectural majeur réside dans la technicité des moyens mis en oeuvre pour créer un microcosme, un bâtiment symbole d’un élan politique moderne en faveur de la culture et surtout qui est une véritable pierre angulaire dans le travail de Fainsilber.​ S’intégrant dans le parc de La Villette - conçu par Bernard Tschumi - par sa volumétrie, sa matérialité et son autonomie fortes, la Cité des sciences et de l’industrie (CSI) est un ensemble de bâtiments techniquement innovant et architecturalement moderne. La CSI reprend en effet certains codes et éléments de l’architecture moderne et rationaliste, comme l’utilisation de la transparence et les formes géométriques pures. Cependant, elle s’illustre particulièrement dans une mise en oeuvre nouvelle et expérimentale. Les serres sur la façade sud du bâtiment linéaire, hautes de 32 mètres, sont d’une transparence impressionnante grâce à l’utilisation d’un verre agrafé structurel, autoportant, supprimant toute menuiserie qui nuirait à un apport lumineux maximal. Elles sont bio-climatique, et permettent une gestion de l'énergie nouvelle et économe. La seconde mise en oeuvre technique impressionnante et celle de la structure de la Géode, sphère parfaite, héritée des utopies d’Etienne-Louis Boullée. Elle se dresse devant la linéarité du bâtiment principal comme une figure d’entrée audacieuse et intrigante : grâce à son revêtement en acier inoxydable poli miroir, elle reflète le ciel, l’eau, le bâtiment-musée. Cette image idéalisée et immatérielle introduit les questionnements exposés à la CSI. Le contraste saisissant entre sa géométrie et celle du bâtiment principal les détache et les assemble. La pensée sur l’intériorité, le cheminement, le fonctionnalisme dans le bâtiment lui-même est un autre aspect intéressant de l’édifice. Son “grand intérieur” suggère les espaces sans les dévoiler, il fabrique un lien indéniable entre l’extérieur et l’intérieur. Le lien avec le parc se fait à la fois par la vue du paysage par les grandes serres et par ce parcours fluide qui traverse le bâtiment. Le hall est un espace tampon : appartient-il au dedans ou au dehors ?​ Les techniques employées révèlent l’architecture et ne lui font pas d’ombre : c’est le dialogue entre techniques, architecture et paysage qui fabrique cet ensemble remarquable et remarqué.​

Description Historique :

Site des abattoirs de la ville de Paris jusqu’en 1975, le parc de La Villette devient un haut lieu urbain culturel suite à une nouvelle politique culturelle, incarnée par Valery Giscard d’Estaing. Dans un contexte urbain nouveau, Paris se transforme et son organisation spatiale devient stratégique. La reconversition des friches industrielles en lieu de pouvoir, en lieu de culture, transforme la ville et déplace les usines en périphéries (site des Halles, Gazomètre). L’accès au foncier parisien intra-muros devient un moyen de créer de nouveaux projets architecturaux (projets de la Zac de Bercy et de la Zac Masséna). ​ Il s’agit bien ici d’un projet en deux temps : le projet de la Cité des Sciences et de l’Industrie de Fainsilber (1979-1985) et le projet du Parc de La Villette de Tschumi (1982 - 1986). Le projet de la CSI reconvertit les anciens abattoirs jamais utilisés en musée des sciences ; le projet de Parc donne une visibilité et une ampleur à la Culture.​ Le projet de Bernard Tschumi, parmi les 800 candidates et candidats, fut désigné lauréat. Ce projet compose le site comme un tableau cubiste et s’y superposent trois systèmes : celui des éléments de surfaces, des éléments ponctuels, et des éléments linéaires. L’originalité de ce projet réside aussi et surtout dans les “Folies”, qui constituent la nappe d’éléments ponctuels, disséminés dans le parc de 55 hectares selon une matrice bien précise. Ces 26 folies, de référence baroque, peintes d’un rouge vif et joyeux, possèdent chacune une fonction et une forme particulière. Elles se rejoignent dans leur type mais se distinguent dans leur essence.​ Le projet de Fainsilber, dessiné avant celui du parc, s’adapta aux changements engendrés par ce double projet. Le bâtiment garde son ampleur et sa rationalité propre, bien qu'ils subissent des modifications importantes. Les évolutions majeures concernent le traitement du parvis et du canal de l’Ourcq, changeant le cheminement initialement prévu au centre et sous le bâtiment. Cette idée de traversée visuelle et physique était significative dans la volonté générale de l’architecte : il voulait lier intrinsèquement le paysage avec le bâti, l’extérieur à l’intérieur. ​

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